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lundi 30 juillet 2012

Je vous écris du Vél d'Hiv, Karen Taieb


Edition J'ai lu
212 pages

Synopsis : 

Réunies ici pour la première fois, quinze précieuses lettres écrites du Vél' d'Hiv nous plongent avec une très forte émotion dans la réalité vécue de la déportation.
Les 16 et 17 juillet 1942, 4 500 policiers sont mobilisés pour réaliser la plus grande rafle à l'encontre des Juifs jamais organisée dans Paris et sa banlieue. 12 884 personnes sont arrêtées : 3 031 hommes, 5802 femmes et 4051 enfants. Les individus ou familles sans enfants seront dirigés sur le camp de Drancy, les autres, avec enfants, vers le Vélodrome d'Hiver. Dans ce lieu, jusque-là temple du sport, des milliers de personnes vont tenter de survivre pendant plusieurs jours. Les 6 000 Juifs envoyés à Drancy seront déportés rapidement, ceux du Vel' d'Hiv sont transférés dans les camps du Loiret, de Pithiviers et Beaune-la-Rolande. Le 22 juillet, soit six jours après le début de la rafle, le Vel' d'Hiv a été entièrement évacué.
On parle beaucoup et souvent de la rafle du Vel' d'Hiv. Mais à y regarder de plus près, on ne sait pas grand chose. Seuls une photo, quelques documents et des lettres disent la violence de l'arrestation, les conditions dramatiques de l'enfermement, la faim, les maladies, le bruit, les odeurs... À travers eux on a découvert l'enfer du Vél' d'Hiv. Ces lettres, ce sont quelques mots jetés à la hâte sur un bout de papier, remis à des mains complaisantes. Pour plus de 8 000 personnes internées au Vél' d'Hiv, moins de vingt lettres ont été retrouvées.
Pour la plupart inédites, elles étaient conservées aux archives du Mémorial de la Shoah. Pour la première fois, les voici rassemblées et publiées dans cet ouvrage. Toutes sont clandestines puisque qu'aucune correspondance n'était autorisée.
Ces lettres sont terrifiantes de vérité, de détails. Mais elles constituent aussi malheureusement seulement le point de départ de l'horreur puisque, à une exception près, toutes les personnes dont nous reproduisons les lettres dans ce volume vont être assassinées dans les camps de la mort. En dehors de ces quelques mots tracés de leur main, il ne reste pas grand-chose d'eux.

Ce n’est habituellement pas mon genre de lecture, mais ce livre, et je ne pourrais expliquer pourquoi, me faisait terriblement envie. Après avoir lu Elle s’appelait Sarah de Tatiana de Rosnay, j’ai voulu en savoir plus sur le sujet. Les lettres m’ont paru être la meilleure option, non seulement pour un souci d’authenticité, mais aussi, parce que les auteurs se sont concentrés sur une vingtaine de personnes. Et c’est à ce moment-là qu’on se rend compte que des personnes ont vraiment vécu des choses terribles.
J’avais vu le livre en grand format et je comptais me l’acheter au prix fort. Mais je l’ai trouvé complètement par hasard en format poche. Je me suis dit que le meilleur jour pour le lire serait le 16 et 17 juillet, jours de la rafle. Et c’est ce que j’ai fait.

Le livre est très bien construit et très intéressant à lire. Pour vous rappeler un peu, on y trouve, les lettres manuscrites écrites par des juifs enfermés dans le vélodrome. Puis, il y a une traduction et/ou une réécriture pour que les lecteurs puissent comprendre la lettre et enfin on trouve un petit paragraphe sur ce que sont devenus les auteurs des lettres.

On trouve également à la fin quelques témoignages de personnes qui ont du intervenir à l’intérieur du vélodrome tel que les infirmières et les pompiers. Et enfin une petite bibliographie et une petite filmographie pour ceux qui voudraient encore approfondir leur connaissances sur le sujet.

Le livre est quand même assez touchant, mais ce qui m’a le plus ému, c’est la préface de Tatiana de Rosnay. Les lettres en elles-mêmes ne sont pas particulièrement tristes. Les gens ne se rendent pas compte de l’horreur qui les attend. Et beaucoup ne veulent pas inquiéter leur famille en décrivant les conditions de vie.

J’ai beaucoup aimé le fait de pouvoir mettre un visage sur une lettre. A chaque fois que je lisais une lettre, j’espérais que l’auteur soit revenu des camps de concentration. Mais sur la vingtaine de lettres présentées dans le livre, une seule est revenue des camps de concentrations. Ce qui est bien peu. 

En conclusion, je ne peux que vous conseiller de vous plonger dans ce livre. Il retrace très bien au travers de ces lettres ce qu’a pu être notre histoire de France. C’est un drames terrible et ces quelques lettres méritent bien un peu d’attention. 



jeudi 12 juillet 2012

Elle s'appelait Sarah, Tatiana de Rosnay


Edition Le livre de poche
404 pages

Synopsis : 

Paris 2002. Julia Jarmond, journaliste américaine, est chargée de couvrir la commémoration du Vél d'Hiv. Découvrant avec horreur le calvaire de ces familles juives qui furent déportées à Auschwitz, elle s'attache en particulier au destin de Sarah et mène l'enquête jusqu'au bout, au péril de ce qu'elle a de plus cher.

Paris 16 juillet 1942. A l'aube la police française fait irruption dans un appartement du Marais. Paniqué, le petit Michel se cache dans un placard. Pour le protéger, sa grande soeur l'enferme et emporte la clef, en lui promettant de revenir. Mais elle fait partie des quatre mille enfants raflés ce jour-là...

Un livre bouleversant, qui ne peut laisser personne indifférent. La seconde guerre mondial, est une période de l'histoire qui m'intéresse particulièrement, j'ai donc été très ravie de suivre la vie du personnage de Sarah. 
Il ne faut absolument pas croire que ce livre est réservé aux historiens. Tout est très bien expliqué et il ne faut pas oublier qu'il s'agit d'un roman. 
Je pense que l'auteur est s'est très bien renseigné sur son sujet. Il y a beaucoup de précisions sur des dates, des faits et on peut tout à fait penser que ce genre d'histoire est arrivé. Même si c'est romancé, j'en ai appris beaucoup sur le sujet. Et c'est expliqué de telle sorte que tout le monde puisse comprendre. 

Il y a une particularité que j'ai beaucoup aimé, c'est le fait que le roman soit à deux voix. Les passages ou l'on suit Sarah sont particulièrement dur. Il y a des passages choquants et je pense que ça aurait pu devenir très vite insupportable. Mais comme on alterne aussi avec le point de vue de Julia, c'est très agréable à lire. On ne tombe pas dans un roman larmoyant impossible à terminer. 

J'ai eu un gros coup de coeur pour les personnages et pas seulement pour les principaux. Sarah et Julia sont bien sûr très touchantes, mais il ne faut pas oublié les secondaires. Je pense notamment à la famille Dufaure. Mais je ne vais pas vous révéler de qui il s'agit, histoire de préserver quelques surprises pour les futurs lecteurs. 

J'avais connaissance de l’existence de la rafle du Vel d'Hiv et je savais également que les français étaient responsables de cet incident. Mais c'est vrai que j'ai du mal à concevoir que personne ne ce soit rebellé. C'est quelques chose qui me dépasse de même que le comportement des officiers français. Et heureusement qu'au cours du roman, on croise quelques personnages avec de bonnes intentions. 

En bref, ce livre est un mini coup de coeur pour moi. Il y a beaucoup d'émotion, et de très beaux personnages. On en apprend pas mal sur le sujet et on passe un très bon moment. Je vous le conseille grandement. 

dimanche 10 juin 2012

Francesca, empoisonneuse à la cour des Borgia, Sara Poole


Edition MA
410 pages

Synopsis : 


Rome, été 1492. Une époque troublée pour la chrétienté, qui s'est rendue coupable quelques mois auparavant de promulguer l'édit décrétant l'expulsion de tous les Juifs d'Espagne. Mais la cité éternelle s'émeut moins de leur sort que de celui du pape, Innocent VIII, dont on dit qu'il est mourant. Cette nouvelle attise pourtant davantage les ambitions qu'elle ne suscite la prière.
Au service de la famille des Borgia depuis toujours, Francesca apprend la mort de son père (l'empoisonneur attitré de la famille) dans des circonstances douteuses. Commence alors pour elle une quête de vengeance, qui la pousse à prendre la suite de son père.
Ses recherches vont lui faire découvrir que l'expulsion des Juifs d'Espagne n'est que le prélude à des actes plus monstrueux encore et que le pape, à la santé déclinante, compte bien autoriser depuis le Vatican. Il s'agit à présent de le neutraliser, tout en aidant Rodrigo Borgia, son maître, à être élu pape par le conclave.


C'est un livre mini coup de coeur et je ne regrette absolument pas cet achat. 20 euros c'est un investissement, et j'ai eu beaucoup de chance de le trouver en occasion d'aussi bon état. 

Mais je ne peux commencer ma critique, sans vous parlez de l'aspect extérieur du livre. C'est un très belle objet avec une couverture vraiment magnifique et l'écriture est en relief. Je n'arrête pas de le regarder et de le toucher (prenez moi pour une folle si vous voulez ^^). Je partais donc déjà très enthousiaste pour cette lecture. 

Pour ce qui est de l'histoire, je vous laisse avec le résumé. Il explique très bien les choses, sans en dévoiler trop. J'ai d'ailleurs eu un peu de mal à en parler dans ma vidéo. Il y a tellement d'éléments, pleins de détails, que je ne savais pas trop ce qu'il fallait dire ou non. Mais le plus important est de savoir que ça se passe à Rome à l'époque des Borgia. Ce dernier, veut devenir pape et il va demander l'aide de Francesca, empoisonneuse à son service. Pour le reste, il faudra lire le livre si vous voulez savoir. 

Cette période pas forcément très intéressante quand elle sort de la bouche de notre prof d'histoire, prend un tout autre sens et une toute autre valeur à travers la plume de Sara Poole. Certes, c'est quand même très romancé, mas il n'empêche que certain fait sont vrai et que c'est bien plus plaisant à découvrir sous cette forme. L'auteur a même penser à mettre une chronologie à la fin de son roman. Une très bonne initiative je trouve. 
Il y a des scènes assez dur, que j'imagine tout a fait bien dans le quotidien de l'époque, ce qui rajoute en prime, une pointe de réalisme. 

Mais passons maintenant au point qui me tient le plus à coeur, les personnages. Je ne vais pas tous les détailler, sinon la chronique ferait 8 pages de long et ce n'est pas le but recherché. Ce que je peux vous en dire, c'est qu'aucun des personnages n'est laissé de côté. Chacun a son heure de gloire, ça présentation et aussi bien du côté des gentils que des méchants. 
Ce qui m'a parfois un peu dérangé, c'est l'âge de certain personnage. Mais je pense que replacé dans le contexte, c'est tout à fait normal. La moyenne d'âge n'était pas la même et c'est sûrement pour ça que l'on rencontre des personnages aussi jeunes. 

Un petit point négatif qui vient quand même noircir un peu toute l'éloge que j'ai fait sur ce livre jusqu'à présent : le rythme. Pour moi, le roman se décompose en 4 parties. Il y a tout d'abord le début. Il faut poser les bases et expliquer le rôle de chaque personnage. C'est tout à fait compréhensible et ça ne m'a pas déranger plus que ça. Dans la deuxième partie, on rentre dans le vif du sujet. L'action commence véritablement et il devient impossible de lâcher le livre. Il y a ensuite la troisième partie et c'est celle qui blesse. Il y a un temps d'arrêt ou il ne se passe pas grand chose. Mais tout redécolle pour se terminer divinement bien dans la quatrième partie. Il y a donc un petit passage à vide d'une soixantaine de pages. 

En bref vous l'aurez compris, c'est un livre que j'ai adoré sur presque tous les points. Dommage pour le rythme un peu inégales au fil du roman. Mais on peut largement passer outre tellement l'histoire est passionnante. Je lirais sans aucun doute le tome 2, bien que la fin du premier ne soit pas insoutenable.